Tenir sa comptabilité en freelance au Liban
Si vous êtes freelance au Liban, que vous gagnez en USD et que vous êtes payé via plusieurs canaux — OMT, Whish, virement bancaire ou USDT — vous vous êtes sûrement demandé comment tenir sa comptabilité en freelance au Liban sans se noyer dans la confusion en fin de mois. Bonne nouvelle : c'est bien plus simple qu'il n'y paraît. Pas besoin de logiciel comptable ni de comptable. Il vous faut un système simple, cohérent, que vous tenez vraiment. Voici, étape par étape, comment le construire, et comment utiliser l'historique de vos contrats et de votre portefeuille Furrsati comme source toute prête pour la plupart de vos données.
Pourquoi les freelances libanais doivent tenir des registres dès le premier jour
La situation d'un freelance au Liban ne ressemble à aucune autre. Vous gagnez en dollars mais vous dépensez à la fois en dollars et en livres. Vous jonglez entre les « dollars frais » (du vrai cash neuf) et les « vieux dollars » ou lollars (des soldes bancaires bloqués, valant bien moins en termes réels). Et vous avez quatre canaux de paiement très différents, chacun avec son propre type de reçu. Sans système, le jour viendra où vous vous demanderez : ces 300 $ arrivés le mois dernier, de quel client venaient-ils ? Était-ce du cash frais ou un virement ? Et combien OMT a-t-il prélevé en frais ?
Une bonne tenue de registres vous sert de trois façons concrètes :
- Vous savez exactement quel est votre vrai revenu en dollars frais, après tous les frais.
- Vous pouvez fixer vos prix correctement, car vous partez de chiffres réels et non d'estimations.
- Et si vous devez un jour prouver vos revenus — pour un visa, un prêt, n'importe quelle démarche — vous avez un registre prêt. Pour comprendre aussi le volet fiscal, nous avons un guide dédié : les bases de l'impôt sur le revenu du freelance au Liban.
Le système au plus simple : seulement trois registres
Ne compliquez pas. Il vous faut trois « registres » — et ils peuvent tous tenir dans une seule feuille Google Sheets à trois onglets, ou même un carnet papier si vous aimez le classique.
1. Le registre des revenus
C'est le cœur du système. Chaque mission terminée prend une ligne. Les colonnes essentielles :
- Date : quand vous avez fini la mission, ou quand vous avez été payé.
- Client : le nom du client ou de l'entreprise.
- Description : « création de logo », « traduction de 2 000 mots », « gestion Instagram, juin ».
- Montant convenu en USD : le prix brut avant tout frais.
- Frais déduits : la commission de la plateforme (10 % sur Furrsati) plus tout frais de transfert.
- Net reçu : le montant réel qui vous est parvenu.
- Canal de paiement : OMT, Whish, banque ou USDT.
- Type de dollar : frais ou ancien/lollar (cela compte énormément au Liban).
Une ligne prend moins d'une minute. Le bénéfice : en fin de mois, vous additionnez la colonne « net » et connaissez votre vrai revenu en quelques secondes.
2. Le registre des dépenses
Chaque centime dépensé pour votre travail va ici : abonnement internet, Starlink, facture du générateur, abonnement Canva ou Adobe, frais de transfert, même le café de votre espace de coworking. Pourquoi ? Parce que ces dépenses réduisent votre vrai bénéfice, et certaines peuvent être déductibles fiscalement. Nous détaillons cela dans un article séparé : les dépenses déductibles du freelance au Liban.
3. L'archive des reçus
Un seul dossier — numérique de préférence — avec une image de chaque reçu. Le bordereau OMT, une capture d'écran d'un virement Whish, la notification bancaire, le hash de transaction USDT. Nommez chaque fichier de façon cohérente : 2026-06-13_nom-client_350usd. Ainsi, quand vous cherchez un reçu, vous le trouvez en quelques secondes.
Comment gérer chaque canal de paiement
Chaque canal a ses particularités, et c'est la partie que la plupart des freelances négligent :
OMT et transferts cash
Quand vous récupérez du cash frais via OMT ou une maison de transfert, photographiez le bordereau immédiatement, avant qu'il ne se perde. Enregistrez le montant brut et les frais prélevés. C'est le canal le plus clair pour les dollars frais, mais les frais varient selon le montant et l'expéditeur, alors ne les oubliez pas dans vos calculs.
Whish
L'application Whish conserve votre historique de transactions, mais ne vous y fiez pas seul — prenez une capture d'écran et classez-la dans votre archive. Faites attention à savoir si le solde est en dollars frais ou en livres, car le taux diffère.
Virement bancaire
Voici le point le plus important au Liban : notez clairement si les dollars arrivés sur votre compte sont « frais » ou « anciens/lollars ». Les vieux dollars ont un pouvoir d'achat réel bien moindre que les frais ; donc si vous enregistrez 500 lollars comme s'ils valaient 500 frais, vos chiffres seront complètement faux. Inscrivez le type honnêtement dans votre colonne « type de dollar ».
USDT (crypto)
C'est devenu une option courante, surtout avec les clients du Golfe et de la diaspora. Enregistrez le montant en USDT, le taux de conversion si vous l'avez encaissé, et les frais de réseau. Gardez le hash de transaction (TxID) comme preuve. L'USDT est de fait indexé sur le dollar, mais lors de la conversion en cash frais le changeur prélève une part, alors comptez-la.
Séparez l'argent de votre activité de votre argent personnel
La plus grande erreur des freelances débutants est de mélanger l'argent du travail avec les dépenses du foyer. Si possible, dédiez un portefeuille Whish séparé — ou même une enveloppe de cash séparée — aux revenus du travail. La règle simple : l'argent encaissé d'un client n'est pas touché pour des dépenses personnelles tant que vous ne l'avez pas enregistré et que vous ne vous êtes pas versé un « salaire » mensuel dessus. Ainsi vous savez exactement quel est votre bénéfice, et vous cessez de grignoter votre capital sans vous en rendre compte.
Utilisez l'historique de vos contrats et de votre portefeuille Furrsati comme source toute prête
Voici le point qui vous épargne la moitié du travail. Quand vous travaillez via Furrsati, chaque contrat et chaque paiement est enregistré automatiquement dans votre historique. Vous avez donc déjà :
- La date de chaque contrat et le client concerné.
- Le montant convenu, la commission (10 %) et le net versé sur votre portefeuille.
- La date de chaque retrait du portefeuille et le canal d'encaissement.
Au lieu de tout écrire de zéro, vous copiez ces données depuis votre historique Furrsati vers votre propre registre de revenus. Nous expliquons en détail comment lire vos gains et votre portefeuille ici : comprendre vos gains et votre portefeuille sur Furrsati. Les missions venues de l'extérieur de la plateforme (un client direct, par exemple) sont à enregistrer manuellement, mais ainsi au moins la moitié de vos revenus est documentée automatiquement.
Une routine mensuelle de trente minutes
La tenue de registres fonctionne quand elle devient une habitude, pas un événement exceptionnel. Réservez le dernier jour du mois à cette routine :
- Ouvrez votre registre de revenus et vérifiez que vous avez enregistré chaque mission terminée.
- Copiez les données de vos contrats Furrsati du mois.
- Additionnez la colonne « net » — c'est votre vrai revenu.
- Additionnez vos dépenses et soustrayez-les — c'est votre bénéfice net réel.
- Vérifiez que chaque reçu est dans l'archive et correctement nommé.
- Versez votre « salaire » personnel du portefeuille de travail vers votre portefeuille personnel.
Trente minutes par mois vous évitent des jours de confusion en fin d'année, et vous donnent une vision claire qui vous aide à bien tarifer et à grandir. Et si vous n'avez pas encore commencé, parcourez les offres disponibles ou inscrivez-vous comme freelance — et si l'écriture est votre métier, la demande est forte sous les services de rédaction.
Foire aux questions
Ai-je besoin d'un logiciel comptable professionnel ?
Pas du tout. Une feuille Google Sheets à trois onglets (missions, dépenses, archive) suffit largement à la plupart des freelances. Les outils professionnels aident une fois que vos revenus deviennent importants et complexes, mais ne commencez pas par là — commencez simple et restez cohérent.
Comment distinguer les dollars frais des anciens dans mes registres ?
Ajoutez une colonne « type de dollar » dans votre registre de revenus, et inscrivez « frais » ou « ancien/lollar » pour chaque paiement. C'est une distinction fondamentale au Liban, car le pouvoir d'achat réel diffère fortement, et les mélanger rend vos chiffres trompeurs.
En quoi le portefeuille Furrsati m'aide-t-il à tenir mes registres ?
Chaque contrat, paiement et retrait est enregistré automatiquement dans votre historique Furrsati avec la date, le montant, la commission et le net. La moitié du travail de documentation est donc déjà faite ; vous copiez simplement les données dans votre registre au lieu de les écrire de zéro.
Quel reçu est le plus important à garder ?
Gardez le reçu de chaque paiement réellement reçu : la photo du bordereau OMT, la capture Whish, la notification bancaire avec le type de dollar noté, et le hash de transaction USDT. Ce sont vos seules preuves si vous devez un jour démontrer vos revenus.
Combien de temps la tenue de registres doit-elle prendre ?
Une minute par mission quand vous la terminez, et trente minutes en fin de mois pour réviser et totaliser. Plus vous êtes régulier au quotidien, moins la fin de mois prend de temps.
Tenir ses registres n'est pas un luxe — c'est ce qui vous permet de connaître votre vrai bénéfice et de développer votre activité en confiance. Commencez aujourd'hui avec un registre simple, et laissez Furrsati assurer la moitié de la documentation pour vous. Inscrivez-vous comme freelance sur Furrsati et travaillez avec un registre propre et un portefeuille documenté dès le premier jour.
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